Histoire de l’huile de ricin
L’huile de ricin est utilisée depuis plus de 4 000 ans. Mentionnée dès 1550 av. J.-C. dans le papyrus Ebers en Égypte ancienne, elle a traversé l’Ayurveda indien, la Grèce d’Hippocrate et l’Europe médiévale sous le nom de « Palma Christi », avant d’être redécouverte en Occident au XXᵉ siècle grâce aux cataplasmes popularisés par le américain Edgar Cayce.
Savez-vous que le flacon d’huile de ricin posé dans votre salle de bain porte en lui quatre millénaires d’histoire humaine ? Que des mains égyptiennes, indiennes, grecques et américaines l’ont, chacune à leur époque, portée aux mêmes gestes que les vôtres aujourd’hui ? Ici et maintenant, je vous invite à un voyage dans le temps — celui d’une huile que Nature nous offre depuis l’aube des civilisations, et qui n’a jamais cessé de nous accompagner.
Les origines antiques : l’Égypte et le papyrus Ebers
… que l’huile de ricin soit l’une des substances végétales les mieux documentées de l’Antiquité. Des traces de graines de ricin ont été retrouvées dans des tombes égyptiennes datant d’environ 4000 avant notre ère, et son usage médicinal est formellement attesté dans le papyrus Ebers, rédigé vers 1550 avant J.-C. Ce texte, l’un des plus anciens traités médicaux jamais retrouvés, décrit déjà les vertus du ricin — pour l’éclairage des lampes, les soins de peau, et comme purgatif.
Les Égyptiens ne s’y sont pas trompés : ils avaient identifié, bien avant la biochimie moderne, ce que nous savons aujourd’hui — que l’acide ricinoléique, qui compose environ 90 % de cette huile, lui confère des propriétés uniques parmi les huiles végétales.
Une sagesse partagée : Ayurveda, Chine et Grèce antique
L’huile de ricin n’appartient à aucune civilisation en particulier — elle est un cadeau que Nature a offert à plusieurs peuples, presque simultanément, comme si la Terre elle-même avait voulu nous transmettre ce même message en plusieurs langues.
En Inde, elle occupe une place de choix dans l’Ayurveda, ce système de médecine traditionnelle millénaire. Elle y est mentionnée comme purgatif efficace dans la Charaka Samhita, l’un des textes fondateurs de cette tradition. En Chine, la médecine traditionnelle l’a également intégrée pour apaiser les inconforts digestifs et les inflammations.
Et puis il y a la Grèce. Hippocrate lui-même — celui que l’on appelle encore aujourd’hui le père de la médecine — aurait recommandé l’huile de ricin pour divers maux. Trois civilisations, trois continents, une même reconnaissance : voilà ce qui, pour moi, signe la véritable universalité d’une plante.
Palma Christi : la main du Christ, un nom pour l’Europe médiévale
… que le ricin traverse ensuite les siècles pour atteindre l’Europe, puis les Amériques, à partir du XVIIᵉ siècle. C’est à cette époque qu’on lui donne son surnom le plus poétique : Palma Christi, « la paume du Christ » — les feuilles du ricin, largement ouvertes comme une main tendue, évoquant pour les guérisseurs de l’époque un geste de bénédiction et de soin.
Ce nom n’est pas anodin. Il révèle à quel point cette huile était vénérée, associée à la guérison sacrée bien avant que la science ne vienne confirmer ce que l’intuition populaire savait déjà.
Edgar Cayce et la redécouverte du cataplasme au XXᵉ siècle
Nous voici au tournant du XXᵉ siècle, aux États-Unis. Un homme, Edgar Cayce, va donner à l’huile de ricin une seconde vie en Occident. Cayce — parfois surnommé le « prophète endormi » — était un médium américain dont les lectures, données en état de transe, traitaient massivement de santé holistique. Parmi ses recommandations les plus fréquentes : le cataplasme d’huile de ricin, appliqué non pas en ingestion, mais en usage externe.
La méthode Cayce
Sa méthode, popularisée dans les années 1930-1940, consistait à imbiber un tissu de flanelle d’huile de ricin chaude et à l’appliquer sur l’abdomen ou toute autre zone du corps à soutenir. Selon les archives de l’A.R.E. (Association for Research and Enlightenment, l’organisation qui conserve ses lectures), Cayce recommandait ces cataplasmes pour soutenir l’assimilation, l’élimination et la circulation — en particulier celle du système lymphatique.
Ce qui rend l’approche de Cayce si intéressante, c’est son choix délibéré : contrairement à l’usage purgatif traditionnel qui exigeait d’avaler l’huile — il privilégiait systématiquement la voie externe, la jugeant plus douce et mieux tolérée par le corps.
William McGarey et la validation scientifique
C’est le Dr William McGarey, médecin généraliste américain, qui reprendra le flambeau en étudiant sérieusement les résultats cliniques observés chez les patients utilisant cette méthode. Il documentera ses observations dans son ouvrage The Oil That Heals, contribuant à faire entrer cette pratique ancestrale dans le dialogue entre médecine conventionnelle et approches naturelles.
Ce que la science confirme aujourd’hui
… que la recherche moderne n’a rien démenti de cette longue histoire — elle l’a même précisée. Une étude publiée en 2012 dans la revue scientifique PNAS a identifié le mécanisme d’action de l’acide ricinoléique : celui-ci active des récepteurs spécifiques (les récepteurs EP3) présents sur les cellules musculaires lisses de l’intestin et de l’utérus, expliquant l’effet purgatif observé depuis l’Égypte antique.
Le comité d’experts en cosmétologie américain (le Cosmetic Ingredient Review) a par ailleurs confirmé, dans son rapport de référence, l’innocuité de l’huile de ricin en usage cutané — un usage pratiqué, sans discontinuer, depuis 4 000 ans.
Note importante : en France, l’huile de ricin destinée à un usage interne (comme purgatif) fait l’objet d’un encadrement réglementaire strict et sa vente pour cet usage n’est pas autorisée sans avis médical.
L’huile de ricin, toujours vivante
Voilà, vous savez maintenant tout — ou presque ! — de cette huile extraordinaire qui a traversé l’Égypte des pharaons, l’Ayurveda indien, la Grèce d’Hippocrate, l’Europe de Palma Christi, jusqu’aux cataplasmes d’Edgar Cayce et aux laboratoires de biochimie du XXIᵉ siècle. Ce que Nature nous offre ne se démode jamais : elle se redécouvre, encore et encore, à chaque génération.
Chez BIOSSENTIEL, nous perpétuons cette tradition avec une huile de ricin biologique de première pression à froid (de très haute qualité) — dans le pur respect de ce que ces 4 000 ans d’histoire nous ont enseigné.
Questions fréquentes sur l’histoire de l’huile de ricin
D’où vient l’huile de ricin ?
L’huile de ricin provient des graines du Ricinus communis, une plante originaire d’Afrique tropicale de l’Est. Son usage le plus ancien documenté remonte à l’Égypte antique, où des graines ont été retrouvées dans des tombes datant d’environ 4000 avant notre ère.
Qui a découvert l’huile de ricin ?
Aucune civilisation unique n’en revendique la découverte : son usage est attesté simultanément en Égypte ancienne (papyrus Ebers, 1550 av. J.-C.), en Inde (Ayurveda) et en Chine, ce qui suggère une utilisation indépendante par plusieurs peuples anciens.
Pourquoi appelle-t-on l’huile de ricin « Palma Christi » ?
Ce surnom, apparu en Europe, fait référence à la forme des feuilles du ricin, comparées à une main ouverte — évoquant pour les guérisseurs de l’époque un geste de bénédiction et de soin.
Qui est Edgar Cayce et quel est son lien avec l’huile de ricin ?
Edgar Cayce (1877-1945) était un médium américain dont les lectures en état de transe portaient largement sur la santé holistique. Il a popularisé, dans les années 1930-1940, l’usage externe de l’huile de ricin en cataplasme, une pratique aujourd’hui encore utilisée en santé naturelle.
L’huile de ricin peut-elle être utilisée en interne ?
Historiquement, oui — elle a été utilisée comme purgatif pendant des millénaires. En France, cet usage est aujourd’hui strictement encadré et nécessite un avis médical. L’usage externe, en cataplasme ou en application cutanée, reste la voie la plus douce et la mieux documentée.
Sources
- Huile de ricin, Wikipédia (consulté en 2026) — fr.wikipedia.org/wiki/Huile_de_ricin
- « Le ricin », Blog Gallica, Bibliothèque nationale de France — gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/le-ricin
- Dumeignil F., « Propriétés et utilisation de l’huile de ricin », OCL — Oilseeds and fats, Crops and Lipids, 2012 — ocl-journal.org
- Tunaru S. et al., « Castor oil induces laxation and uterus contraction via ricinoleic acid activating prostaglandin EP3 receptors », PNAS, 2012 — pnas.org/doi/10.1073/pnas.1201627109
- Final Report on the Safety Assessment of Ricinus Communis (Castor) Seed Oil…, Cosmetic Ingredient Review, 2007
- « Castor Oil Packs », Edgar Cayce’s A.R.E. (Association for Research and Enlightenment) — edgarcayce.org/resources/holistic-health-database/therapies/castor-oil-packs
- « Edgar Cayce and the Palma Christi », Edgar Cayce’s A.R.E. — edgarcayce.org/resources/holistic-health-database/research-reports-and-articles/edgar-cayce-and-the-palma-christi


